mercredi 14 mars 2018

Il sera trop tard

Le bonheur sera plein de regrets.
Je porterais au front, le diadème d'une ride,
Serti de larmes, de soupirs torsadé,
Inestimable joyau de décades arides.

Aux pieds, d'irisés escarpins de langueur
M'iront comme ceux de Cendrillon.
Fabriqués par Fée Blesse, ma soeur,
Séquestrée pour ne point passer à l'action.

Sur eux, tomberont mille et uns jupons
Brodés de patience, de rêves chastes.
Chaque ourlets seront lestés de plombs,
Comme des grains de douleur néfastes.

La taille sera enfermée en un corset :
"Chairs et sangs, rangez-vous bien serrés,
Derrières les baleines, au creux des godets !"
Les entrailles hurlantes ainsi que les pensées.

Par dessus cette misère de rétention,
Flottera une robe écarlate, velours & allure,
Piquée de romantisme, cousue de passion.
Hélas ! Le laçage en suture trahira la blessure...

"Arrête !" dirais-je, quand ta main s'y posera,
"Tout est vain, mon coeur, tout est vain...
Ô toi que j'aime tant, toi qui à jamais sera
L'esprit de la brise, l'espoir du lendemain."

Le cheveu blanc dans un chignon fatigué
Brillera tel un fil de lune, un fil du passé.
Tu diras : "Je suis prêt, laisse-moi t'aimer,
Par ce baiser que je veux te donner !"

Ô comme le bonheur est plein de regrets...
Oui, tu viendras de la sorte, moins tôt que tard,
M'étreindre l'âme sans rien en savoir jamais.
Comme promis, à genoux tu viendras me voir...

Mais il sera trop tard.

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